
Le cincle plongeur
Description
Le long des petits ruisseaux vit un discret dandy en smoking gris brun et plastron blanc immaculé : c’est le cincle plongeur. Cet oiseau rondelet et toujours en mouvement a la taille d’un merle (18 à 20 cm de long pour 50 à 70 grammes), d’où le nom de « merle d’eau » dont il est parfois affublé. C’est le seul passereau nageur et plongeur de France et il est, comme le Martin pêcheur, totalement lié aux cours d’eau où il trouve pitance et le long desquels il construit son nid.
Sur le terrain, impossible de reconnaître Madame de Monsieur car chez le cincle le mâle et la femelle arborent tous deux la même tenue. Seuls les jeunes de l’année se reconnaissent à leur plumage grisâtre et à l’absence de plastron. La vie aquatique de cet oiseau l’a doté d’une courte queue, souvent relevée, d’ailes courtes, mais également d’os pleins (pour mieux pouvoir plonger), d’un duvet dense et de narines obturables (un pince nez en quelque sorte !).
Pour trouver sa nourriture le cincle plonge sous l’eau en utilisant ses ailes comme rames et sa queue comme gouvernail puis marche sur le fond avec aisance en retournant avec son bec les cailloux à la recherche d’une proie. Une fois celle-ci dénichée il se laisse remonter comme un bouchon en surface pour ensuite revenir sur le bord du cours d’eau pour la déguster.
Où le trouver en Côte-d’Or ?
Le Cincle plongeur, même si on le retrouve parfois sur les cours d’eau importants en plaine, affectionne tout particulièrement les petits rus de tête de bassin, rapides et limpides où il trouvera facilement les larves et insectes aquatiques dont il se nourrit. On peut ainsi l’observer sur l’Ouche, de Dijon à Bligny ou encore sur le Suzon, l’Ozerain, la Vingeanne, l’Ignon, la Seine ou encore l’Ource.
D’un naturel farouche, le cincle ne se laisse pas facilement observer mais sa présence sera trahie par les vastes flaques de fiente blanche qu’il laisse sur les gros cailloux émergeants lui servant de promontoires. Surpris, le cincle s’enfuit d’un vol rapide et rasant, toujours au dessus du cours d’eau.
C’est au tout début du printemps qu’a lieu la reproduction, un seul mâle cincle pouvant se reproduire avec plusieurs femelles et participer à l’élevage des jeunes (polygynie). Il arrive alors parfois d’observer le mâle et la femelle parader, le bec dressé vers le ciel ou se faisant des révérences…
Protection, anecdotes sur l'oiseau, moeurs particuliers ou autre
Le nid que confectionne le cincle plongeur est une petite merveille. Il s’agit d’une grosse boule de mousse renforcée par des brindilles et des feuilles que le mâle et la femelle placent toujours au dessus de l’eau, dans un enchevêtrement de racines ou dans un trou de pont par exemple. Il dispose d’une entrée latérale et l’intérieur est garni par la femelle de feuilles mortes de chêne ou de hêtre.
2 pontes sont en général produites, de 5 œufs chacune en moyenne. Les jeunes restent une vingtaine de jours au nid et dès qu’ils sont emplumés se jettent directement à l’eau : les petits cincles savent nager avant même leur premier vol !
On a longtemps considéré que le Cincle était grand consommateur de petits poissons et de frai et les pêcheurs continuent parfois à le voir d’un mauvais œil pour cette raison. Or, même s’il ne dédaigne pas manger un alevin de temps à autre, on sait désormais qu’il préfère largement à ceux-ci les insectes aquatiques et leurs larves : éphémères (« mouches de mai »), trichoptères (« bêtes à bûchette ») et autres coléoptères comme le dytique.
LPO Côte d’Or © BABSKI Simon Pierre
