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Le busard cendré (Circus pygargus)

Busard
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Description

Bec crochu, serres aiguisées, œil perçant, nul doute le Busard cendré est un rapace. S’il n’a ni la vitesse du Faucon pèlerin, ni la force d’un aigle, son élégance et sa légèreté sont en revanche sans égal parmi les oiseaux de proie. Son envergure est moyenne (100-115 centimètres), pour un poids de seulement 300-350 grammes. Par comparaison, la Buse variable, à l’envergure à peine supérieure (110-130 centimètres), approche, voir dépasse, elle, le kilogramme.

Le Busard cendré est un parfait exemple de dimorphisme sexuel : tandis que le mâle arbore un plumage majoritairement gris cendre, la femelle revêt une robe brune bien plus discrète, devoir de couvaison oblige. Seul un croissant blanc sur le croupion apporte un peu de contraste. Si l’on détaille davantage le mâle, on peut noter également le bout des ailes noires, une barre noire dessus, deux dessous, ainsi qu’un ventre taché de roussâtre. Leur queue est longue et fine.
On l’aperçoit le plus souvent arpenter nonchalamment, d’un vol souple et léger, ses fines ailes relevées en un V caractéristique, les grands espaces ouverts où il recherche campagnols, oisillons et gros insectes. Sa faible puissance ne l’autorise pas à s’attaquer à de plus grosses proies. 

Où le trouver en Côte d’Or ?

Le Busard cendré est un nicheur assez rare dans le département, et surtout bien localisé aux grandes plaines céréalières. On y estime sa population à 100-150 couples. Ses deux bastions locaux sont la Plaine de Saône à l’Est de Dijon, et les plateaux céréaliers du Châtillonnais. Quelques couples, plus éparses, fréquentent occasionnellement l’Auxois ou les secteurs ouverts de l’Arrière-côte.
Nul besoin de rechercher l’élégant rapace à la mauvaise saison, puisque c’est un grand migrateur. Si on pense l’avoir vu, c’est probablement son proche cousin, le Busard Saint-Martin, présent lui toute l’année, qui nous a abusé. En effet, le Busard cendré nous quitte au mois de septembre pour rejoindre ses quartiers d’hivernage en Afrique sub-saharienne. Il y profitera notamment de l’abondance du Criquet pèlerin. Il sera de retour dans nos campagnes dès la mi-avril.
Anciennement inféodé aux landes, marais, friches et hautes prairies, le busard a du s’adapter aux modifications de son habitat originel, que l’agriculture intensive a profondément transformé durant la deuxième moitié du 20ème siècle. Depuis les années 70, il s’est ainsi installé dans les prairies de fauche, mais surtout dans les champs de céréales. C’est en effet une particularité propre aux busards que de nicher à même le sol. Aujourd’hui, en Côte-d’Or, la quasi-totalité des Busards cendrés niche ainsi dans les champs de blé (¾) ou d’orge d’hiver (¼). Et ceci n’est pas sans poser problème… 

Problématique et protection

Les moissons, qui débutent dès le mois de juin pour l’orge d’hiver, interviennent durant l’élevage des jeunes oiseaux. Ceux-ci, âgés de seulement quelques jours, sont bien évidemment incapables de voler. Sans intervention, on estime que chaque année entre 50 et 80% des nichées, souvent invisibles de la cabine d’une moissonneuse, seraient ainsi détruites, compromettant l’avenir de l’espèce à moyen terme.
Depuis 1987, des bénévoles arpentent les plaines côte-d’oriennes à la recherche de l’oiseau gris. Localiser un couple, puis le nid, contacter et sensibiliser l’agriculteur, mettre en place une protection (carré grillagé autour du nid), et depuis 2007 baguer et marquer les jeunes rapaces, ainsi procèdent ceux qu’on nomme les « busardeux ». A ce jour, cette action a permis à un millier de jeunes Busards cendrés de s’envoler sous l’œil des surveillants.
En France, entre 600 et 1000 nids sont trouvés et suivis chaque année. C’est pour l’instant une mesure d’urgence, mais la seule garantie de préserver à court terme les populations de ce rapace emblématique des plaines, dans l’espoir qu’un jour peut-être, il puisse retrouver quelques habitats naturels pour mener à bien sa reproduction sans l’aide des hommes.
 
 
LPO Côte-d'Or © ROUGERON Antoine